PLANIFICATION

La fonction planification est l’un des outils de la gestion de l’eau. Elle peut être définie comme un processus de gestion qui vise à la mobilisation de l’eau au service du développement économique et social, dans le cadre d’une gestion durable de la ressource…

 

DOMAINE PUBLIC HYDRAULIQUE

PLANIFICATION

La fonction planification est l’un des outils de la gestion de l’eau. Elle peut être définie comme un processus de gestion qui vise à la mobilisation de l’eau au service du développement économique et social, dans le cadre d’une gestion durable de la ressource, en quantité comme en qualité. Elle a pour finalité d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes et projets de développement sectoriel pour atteindre des objectifs préalablement fixés.

Ce processus de gestion s’articule autour des :

  • Horizons temporels très différents : L’eau se gère à long terme, du fait de l’inertie des phénomènes hydriques et de la durée de vie des infrastructures et de l’importance des investissements correspondants.
  • Échelles territoriales différentes: l’eau s’écoule, sans respect des limites administratives, et les altérations de la ressource se font sentir sur tout le territoire d’un bassin versant. Certains déséquilibres entre ressources et demandes en eau ne peuvent être résolus que par des transferts de grande taille entre régions.

La politique de l’eau doit être mise en cohérence avec les politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisation et de développement économique, lesquelles dépendent de l’offre en eau et conditionnent la demande en eau. La planification doit assurer cette mise en cohérence par des processus de coordination, aux échelles pertinentes.

CONCEPTION DU SYSTÈME DE PLANIFICATION

Le système de planification intégrée (SPI), se réfère à la loi relative à l’eau et aux orientations de la réforme budgétaire, mis en œuvre par le Ministère des Finances. Il intègre les principaux instruments définis par la loi, notamment, le Plan National de l’Eau, les Plans Directeurs d’Aménagement des Ressources en eau.

Le SPI est fondé sur quelques principes clés, notamment :

  • Une approche du développement sectoriel pour assurer la satisfaction des demandes en eau à long terme et la protection des ressources à travers des choix de projets adaptés.
  • Une intégration du processus de planification dans ses dimensions temporelles (court, moyen et long terme) et spatiale (niveaux national, régional, local).
  • Le développement d’un système d’information orienté vers la gestion des projets d’investissement.

PHASES DU CYCLE DE PLANIFICATION

Le système de planification articule les niveaux régional et national. Il est mis en œuvre selon un processus en cinq phases de planification/programmation.

Les trois premières phases concernent la planification à long terme et les deux dernières concernent respectivement le moyen et court terme.

Une phase de réalisation doit permettre d’actualiser la programmation annuelle et de moyen terme.

Le processus est schématisé ci-dessous :

ÉTUDES

QUELQUES GRANDES ÉTUDES DE PLANIFICATION

Ces études prennent en compte les principaux objectifs du secteur et traitent tous les aspects de la politique de l’eau à l’échelle nationale et pour une période de long terme. En général, elles proposent une programmation des principales actions à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs.

  • Plan National de l’Eau (groupement BETURE-CARL BRO-CES Salzgitter)

Réalisé dans les années 90, le Plan National de l’Eau n’a pris en compte que les Régions hydrographiques du Nord du pays. Les orientations stratégiques retenues résultent d’une confrontation et une mise en adéquation des ressources et des besoins. Les études ont permis de mener plusieurs enquêtes et d’élaborer des méthodologies pour fonder les hypothèses de planification retenues.

  • Un nouveau projet de Plan National de l’Eau intitulé  » Réalisation de l’étude d’actualisation du plan national de l’eau  » a été réalisé en 2010. Cette étude, menée dans le cadre d’une coopération avec l’Union Européenne a établi une programmation spatiale et temporelle du développement des infrastructures hydrauliques et des transferts nécessaires.

Ce sont des études de planification qui fixent les orientations d’une gestion équilibrée des ressources en eau à long terme, au niveau régional, avec une programmation des actions à réaliser.

Dans les bassins du Sahara

Au moins trois grandes études de planification se sont succédées, en l’espace de 30 ans, dans cette région, l’une d’elles est l’Étude des Ressources en eau du Sahara Septentrional (ERESS) réalisée en 1968-1972 avec le concours de l’Unesco. Elle a débouché sur une synthèse de toutes les informations disponibles dans la région.

L’étude a constitué, pendant longtemps, la référence en matière de connaissance des deux grands systèmes aquifères et de leur fonctionnement, et en matière de projections sur le futur de ces nappes, obtenues à travers les simulations des modèles numériques. Dans ses conclusions, l’étude ERESS, recommandait « d’entreprendre un calage périodique des modèles pour en améliorer la représentativité ainsi que la précision des résultats des simulations. ».

Cette recommandation a été mise en œuvre lors de l’étude du projet RAB en 1981, dans le cadre d’un projet de coopération avec le PNUD.

Depuis cette date, les contextes technologiques et économiques ont évolué d’une manière significative.

Dans les bassins du Nord du pays

Dans ces Régions, jusqu’à la fin des années 1980, la politique de l’eau, a été mise en œuvre à travers des schémas directeurs régionaux.

Dans la région de l’Algérois, le Schéma d’aménagement des Ressources en eau dans la Région d’Alger-Sebaou, a été réalisé en 1982 par le Groupement anglais Binnie Partners et Atkins International.

Dans sa partie planification, l’étude a concerné une région hydrographique composée des bassins côtiers algérois, notamment Mazafran, El Harrach, et des bassins de l’Isser et du Sebaou. Elle a établi une programmation à long terme des aménagements des bassins et une estimation des investissements nécessaires.

Dans le même cadre, on peut également citer l’étude du  » Schéma directeur du bassin du Chéliff «  réalisée par le Groupement des Bureaux d’études SNC Lavalin, Sogréah

A partir de 1996, l’ensemble de l’Algérie a été découpé en cinq régions hydrographiques : Oranie-Chott Chergui, Cheliff-Zahrez, Constantinois-Seybouse-Mellègue, Algérois-Hodna-Soummam, Sahara.

Toutes ces régions on fait l’objet, au cours des années 2000, d’études de planification qui ont abouti aux projets de Plans Directeurs d’Aménagement des Ressources en Eau (PDARE), établis par les Agences de Bassins avec l’appui de la coopération technique. Ces études ont été réalisées en 2008-2010 et  actualisées en 2013-2014 par les   Agences de Bassins Hydrographiques avec l’appui de la GIZ (coopération allemande).

Souvent appelées « Études générales », ces d’études de planification concernent l’ensemble du pays mais pour seulement, un aspect particulier du secteur de l’eau. Nous pouvons en citer quelques-unes dans plusieurs domaines ci-dessous :

Petite et Moyenne Hydraulique

Le secteur de la PMH,  grand consommateur d’eau, a fait l’objet de trois grandes études d’inventaire des superficies irriguées et des prélèvements d’eau en vue de tracer des perspectives de développement futur en relation avec les potentialités en eau et en sols.

  • Étude générale des aires d’irrigation et d’assainissement agricole en Algérie SOGETHA – SOGREAH.
  • Étude générale de la Petite et Moyenne Hydraulique Agricole de l’Algérie du ENHYD-ENERGOPROJEKT. 199
  • Étude d’inventaire et de développement de la Petite et Moyenne Hydraulique 2009. Sogreah.

Assainissement

Dans le domaine de l’assainissement, il a été mené le «Schéma National de Développement de l’Assainissement (SNDA) », en  2015 par EgisEau, dans le cadre du programme de coopération avec l’Union Européenne (Eau II).

Eaux non-conventionnelles

  • Une « Étude générale sur le dessalement de l’eau de mer » a été réalisée en 2005 par Safege
  • « Étude de réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles ou autres sur tout le territoire national », 2007 par Tecsult

Lutte contre les Inondations

Pour lutter contre les risques des inondations, une étude portant sur l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les Inondations, a été réalisée en 2015, avec le Consortium Ofiteco, Deltares,IC.Inclam, dans le cadre du programme de coopération avec l’Union Européenne (Eau II). 

QUELLES PERSPECTIVES ?

La loi relative à l’eau constitue la base légale de la politique actuelle de l’eau et offre un cadre favorable à la mise en œuvre des mesures, pour renforcer la planification dans le secteur.

La loi consacre plusieurs articles aux instruments institutionnels de la gestion intégrée des ressources, notamment aux PDARE et PNE, au Système d’information sur l’eau. Elle charge les Agences de bassins de la gestion intégrée des ressources en eau au niveau de chaque unité hydrographique naturelle.

Pour prendre en charge cette mission de planification, les Agences de Bassins ont développé progressivement, les principaux outils d’élaboration des PDARE, à l’occasion de plusieurs projets de coopération. Ce qui leur a permis d’accumuler une bonne expérience de la planification au niveau régional.

Par ailleurs, la création de l’AGIRE vient consolider le cadre institutionnel de la planification, puisqu’elle a pour missions :

  • de développer et coordonner le système de gestion intégrée de l’information sur l’eau à l’échelle nationale.
  • de contribuer à l’élaboration, à l’évaluation et à l’actualisation des plans à moyen et long terme de développement sectoriel à l’échelle nationale.
  • Les mêmes missions sont à la charge des Agences de Bassins à l’échelle des Régions hydrographiques.

Ainsi l’AGIRE et ses démembrements pourraient devenir le pôle d’expertise en planification du développement » du secteur, comme proposé dans les mesures d’accompagnement du PNE.